La production de viande artificielle, in vitro, dans des laboratoires, serait la solution pour relever le défi de l’accroissement de la population mondiale. Est-ce que l’équation est aussi simple ?

La viande artificielle, c’est de la viande cultivée in vitro à partir de cellules souches animales. L’objectif derrière la création de cette viande synthétique serait de pouvoir fournir plus facilement de quoi nourrir les milliards d’humains de la planète. Notamment, car c’est loin d’être la seule solution en plein débat sur la transition alimentaire. Creusons le sujet.

Viande synthétique, une solution à l’accroissement de la population ?

La viande artificielle ou synthétique est un concept tout jeune puisque c’est en 2013 que le premier steak fabriqué in vitro a été dégusté.

Les investissements en R&D en viande cultivée répondraient à 3 besoins majeurs.

  1. Une réponse aux besoins d’une population mondiale en croissance (nous serons 10 milliards en 2050). La viande conçue à partir de cellules souches répondrait aux besoins mondiaux en protéines.
  2. Une pollution moindre et un impact environnemental réduit dans l’assiette. La fabrication de la viande artificielle serait moins polluante que l’élevage animal. On parle de « clean meat » (viande propre).
  3. Un plus grand respect de la vie animale. En fabriquant la viande à partir de cellules souches, moins d’animaux sont abattus et, en conséquence, on diminue la souffrance animale.

Viande artificielle in vitro et impact environnemental

Faut-il le rappeler, l’impact environnemental de l’élevage des animaux pour l’abattage est indéniable. Si l’on prend l’exemple de la vache, son impact sur l’environnement se situe à plusieurs niveaux :

  • la quantité de végétaux et d’eau ingérés
  • son émission de méthane lors de sa digestion
  • son transport
  • l’utilisation excessive d’antibiotiques
  • l’empreinte écologique de toute la chaine de production et d’abattage

La viande artificielle serait-elle une réponse « propre » à la pollution issue de l’élevage à grande échelle ? La prudence et une certaine réserve sont de mise. Aujourd’hui la viande in vitro produite en laboratoire est encore anecdotique. L’effet polluant l’est encore tout autant. Qu’en sera-t-il lorsque cette industrie de production de la viande synthétique passera à une plus grande échelle ?

Élever des cellules souches reste un procédé industriel or qui dit industrie dit consommation d’eau, d’énergie, de déchets… L’argument qui avance que la viande cultivée serait une « clean meat » est à questionner. À ce stade-ci, il est trop tôt pour déclarer que la viande synthétique serait la solution win-win santé-planète.

Revoir notre rapport à la viande et aux protéines

L’équation serait-elle mal posée ? La question de savoir comment fabriquer assez de viande pour nourrir toute la population mondiale ne devrait -elle pas être formulée autrement ? Ne faudrait-il pas plutôt se demander : « faut-il vraiment produire la même quantité de viande qu’aujourd’hui pour nourrir tous les humains? « .

La viande n’est pas la seule source de protéines

La viande nous est vendue comme indispensable à notre ration quotidienne de protéines, de fer et de vitamine B12. Or d’autres aliments fournissent les nutriments présents dans la viande. Il s’agit par exemple des œufs, du fromage et des protéines végétales apportées par les légumineuses. Et dans le monde animal, les insectes sont également une alternative riche en protéines tout en étant nettement moins polluants que les mammifères et volailles.

Nous mangeons assez (voire trop) de viande

Nous ne sommes pas en déficit en protéines dans nos pays. Nos besoins journaliers ne sont pas aussi importants que ce que l’on nous fait croire. Un gramme de protéines par kilo de poids corporel par jour suffit.

Trop de viande nuit à la santé

Une étude récente montre qu’un plat carné au restaurant se situe déjà au-dessus de nos besoins quotidiens en protéines. Or, on sait aujourd’hui que la surconsommation de viande est responsable de maladies comme les troubles cardio-vasculaires, un taux trop élevé de cholestérol, le diabète, le cancer colorectal ou du pancréas…

La vraie solution santé-planète : manger moins de viande industrielle

La réponse à la double demande qui est de nourrir tout le monde tout en réduisant l’impact pollution tient à deux simples mesures :

  1. manger moins de viande
  2. privilégier une viande de qualité issue de petits élevages de proximité

L’alimentation (et sa production) est responsable d’un tiers de la pollution. Avec le logiciel Youmeal de calcul du bilan environnemental des recettes, on peut diviser ce chiffre par deux, en adoptant des aliments à moindre impact environnemental.

Finalement, un argument réellement en faveur de la viande artificielle serait qu’elle apporte une réponse à la préoccupation autour de la souffrance animale. Pour le reste, il est encore trop tôt pour y répondre.

Youmeal peut intégrer les data des viandes synthétiques, classiques et végétales et calculer leur impact environnemental et nutritionnel. Vous pouvez améliorer votre menu en fonction des bénéfices de chaque alternative. Qu’il s’agisse d’un plat complet ou d’une pâtisserie, par exemple. Essayez par vous-même : testez gratuitement notre logiciel.